La tournée d’été de la CGT des Hautes-Alpes vient de s’achever après plusieurs étapes sur l’ensemble du territoire. À Superdévoluy, Embrun, Les Orres, Vars ou encore Orcières, ce sont plusieurs dizaines saisonniers rencontrés en quelques jours.
Le constat est sans appel :
– Des saisonniers en grande précarité, souvent sans contrat signé ou sans copie,
– Des horaires explosifs sans respect du repos légal,
– Et surtout, une crise du logement saisonnier devenue invivable.
Sarah, serveuse en camping :
« Je dors dans mon van car les logements sont trop chers ou déjà pris par Airbnb. Mon employeur me dit qu’il n’a pas de solution, et moi je dois être en forme pour bosser 10 heures par jour. »
Michel, patron d’un restaurant :
« J’ai deux postes non pourvus. J’ai trouvé des candidats mais ils n’ont pas pu venir, faute de logement. On nous demande de recruter mais on n’a aucun levier. J’aimerais travailler avec les collectivités pour créer du logement, mais rien n’avance. »
Romain, salarié chez dans un magasin de sport :
« On parle beaucoup des JO 2030, mais on sait que les investissements vont aller sur Briançon ou les stations visibles. Nous, dans les petites vallées, on ne verra pas la couleur des retombées. Pourtant, on tient l’économie locale toute l’année. »
Les saisonniers sont la colonne vertébrale du tourisme
La CGT rappelle que les travailleurs saisonniers font vivre l’économie touristique des Hautes-Alpes. Sans eux, pas de vacances pour les autres. Et pourtant, leurs conditions de travail restent parmi les plus précaires.
C’est pourquoi la CGT continue de revendiquer :
> Des logements dédiés accessibles dans chaque bassin d’emploi touristique,
> Des droits garantis, y compris pour les saisonniers en contrats courts,
> L’association des travailleurs aux décisions liées à l’avenir du tourisme, y compris dans le cadre des JO 2030.
Enfin, la CGT 05 demande que les investissements liés aux Jeux Olympiques bénéficient à l’ensemble du territoire et pas uniquement aux grandes stations. La création d’un fonds de solidarité territoriale à l’image de celui mis en place pour Paris 2024 pour le sport pour tous permettrait de répondre aux urgences sociales et écologiques, et notamment à la crise du logement saisonnier.
